Le chien des autres n’est pas meilleur

 

Cet article s’adresse à tous les propriétaires qui découvrent que Roxy n’est pas comme ils le voudraient, à ceux qui doutent d’être un bon maître ou une bonne maîtresse parce que Tobby n’obéit pas au doigt et à l’œil, à ceux qui se sentent dépassés par les “bêtises” de Médor,… Bref, à tous ceux qui se disent un jour “Le chien des autres est meilleur” ou encore “Mon chien est nul”. Je vous rassure, le chien des autres n’est pas meilleur que le votre, et je vous dis même : Bravo ! Vous venez de faire votre première grande découverte sur votre compagnon : ce n’est pas une peluche, ni un robot, mais un être vivant à part entière !

 

 

Qui est vraiment “le chien des autres” ?

 

Le chien des autres, c’est celui que vous croisez dans la rue, celui dont vous parle vos amis, celui qui marche toujours trop bien en laisse quand le votre vous arracherait le bras, celui qui n’aboie pas quand le votre ne s’arrête jamais, celui qui semble ignorer tout ce qu’il se passe autour de lui et reste aux pieds de son maître,… C’est surtout celui que vous croisez quelques minutes, avec qui tout au plus vous passez quelques heures. Vous n’en connaissez que ce que vous voyez et ce qu’on vous en dit. En d’autres termes, pas grand chose.

Il y a tout ce qu’on ne vous dit pas et tout ce que vous ne voyez pas. Ce Jack Russell à la marche en laisse parfaite qui ne peut être lâché car il fugue, ce berger allemand qui s’exécute au moindre ordre de son maître par peur des violentes représailles, ce joyeux labrador qui grogne sur les enfants… Et, quand bien même le chien des autres est gentil, affectueux et semble “parfait”, c’est souvent le résultat d’un travail quotidien entre un maître respectueux et son animal. Finalement, le chien des autres n’est ni meilleur ni pire que le votre, il est même comme le votre : un être vivant à part entière.

 

Votre chien est unique !

 

D’ailleurs, tous les chiens sont uniques. Chacun a son caractère, son tempérament, ses goûts et ses préférences. Certains sont craintifs, d’autres joueurs ou encore gardiens. Celui-là va aimer les caresses, un autres préférera rester dans son panier… Dans chaque situation, votre chien va ressentir des émotions qui lui sont propres. Et de la même manière qu’il nous arrive d’avoir un petit coup de blues, lui aussi peut être un peu plus grognon que d’habitude.

Imaginez une salle de formation : il y a ceux qui écoutent sagement, celui qui s’en fiche éperdument et ne lâche pas son téléphone portable, celle qui pose des questions toutes les 2 minutes, celui qui dort la tête en appui sur sa main à la manière des grands penseurs. Le formateur doit composer avec ces personnes là, et chercher différents moyens de ramener l’attention de tous sur le sujet et de poursuivre son cours.

Et bien c’est un peu la même chose avec nos chiens : celui là sera très attentif à son maître et s’exécutera dès la commande vocale donnée, celle-ci préfère renifler le sol et et ne restera pas concentrée, un autre ne bougera pas s’il n’y voit aucun intérêt… Et c’est à nous de nous adapter à eux. C’est à nous de faire en sorte de les captiver tout en respectant ce qu’ils sont.

 

C’est ensemble qu’on avance

 

Voilà, le constat est simple : votre chien est un être vivant unique. Il n’est peut être pas conforme à l’image que vous souhaitiez, il n’est pas comme celui que vous aviez avant, ni comme celui que vous croisez dans la rue. Mais il a tout de même des qualités, et il est près de vous. Alors c’est à vous de faire un pas vers lui, pour que vous deux, ensemble, avanciez dans la même direction.

Le fait de l’accepter tel qu’il est est une première étape nécessaire. Ensuite, c’est aussi à vous de le respecter et de composer avec lui. Par exemple, si votre chien n’aime pas l’eau, ne le forcez pas à s’asseoir sur l’herbe mouillée juste pour votre plaisir, mais récompensez-le s’il s’exécute parce que la situation le demandait. S’il a peur de ses congénères, ne le lâchez pas au milieu d’un groupe de chiens, mais avec l’aide d’un professionnel, apprenez lui à ne plus avoir aussi peur.

Vous pouvez faire appel à un comportementaliste pour vous aider à mieux comprendre votre compagnon et améliorer votre relation. C’est en le respectant que vous obtiendrez sa confiance. Et vous verrez alors que votre chien est bien plus capable que ce que vous pensiez, qu’il suffisait juste de ne pas exiger de lui quelque chose qu’il ne peut pas vous donner.

 

 

Photo : Heydone couchée attentive © Naomi Riedler

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