Comment faire revenir son chien au rappel ?

 

 

Le rappel est un des ordres les plus importants : il consiste à faire revenir le chien à son maître lorsque celui-ci est éloigné. Cette commande est très utile, par exemple, lors des promenades où le chien est en liberté. Un rappel maîtrisé permet aux propriétaires de lâcher leur animal en confiance, et donc offre aux chiens la possibilité de flairer et explorer en toute liberté.

 

 

 

La méthode de base

 

Puisque nous travaillons en méthodes amicales et respectueuses du chien, nous souhaitons que le chien revienne vers son maître par plaisir, et non pas par contrainte ou par crainte de subir quelque chose de négatif. Pour cela, le maître doit adopter une attitude positive et joyeuse. Imaginez que quelqu’un vous appelle dans la rue : si celui-ci vous sourit et vous lance un « Hey ! Bonjour ! » enthousiaste, vous serez plus prompt à aller vers lui que s’il a le visage fermé et un ton monocorde ou sévère. Ainsi un bon rappel commence par un maître enjoué qui peut s’accroupir, taper des mains, ouvrir les bras, utiliser des surnoms amicaux, ou encore simuler l’émerveillement. Le chien, curieux de nature, sera tenté de venir voir la cause de cette joyeuse agitation.

Une fois en position, le maître n’a plus qu’à appeler le chien par son nom et énoncer la commande vocale utilisée pour le rappel : « Fidjy, viens ! » ou « Fidjy, viens ici » ou « Fidjy, au pied ! ». Dans tous les cas, il est important de ne pas oublier de demander ce que l’on attend du chien et de conserver le même ordre à chaque demande.

Lorsque le chien est revenu à son maître, et quelle que soit la durée qu’il a mis, il est primordial de le récompenser. La récompense peut prendre plusieurs formes : caresses, félicitations orales « C’est bien mon loulou ! », friandises, visage souriant… voire tout en même temps ! L’objectif est de créer une association positive, c’est-à-dire de faire du retour au maître un événement plaisant pour le chien. Ainsi, féliciter le chien qui revient à son maître est la première chose à faire, avant de lui demander quoi que ce soit d’autre.

 

Les erreurs à éviter

 

En présence de binôme en plein apprentissage du rappel, il est assez fréquent d’observer quelques « erreurs » qui peuvent nuire à la démarche. Une de ses maladresses facilement repérable est le ton utilisé par le maître qui rappelle son chien : en voulant se montrer ferme pour réussir l’exercice certaines personnes utilisent une voix autoritaire, parfois même sévère. Et si le chien ne revient pas dans la seconde, ce ton se durcit d’autant plus. Nous sommes donc dans le parfait opposé de ce que nous préconisons de faire, il semble alors normal que le chien rechigne à revenir ! Il est essentiel de toujours rester positif et de se montrer attractif pour le chien, peu importe le temps qu’il met pour revenir.

Il est également important de ne pas oublier d’énoncer la commande. Appeler le chien par son nom ne sert qu’à attirer son attention, à faire en sorte qu’il regarde en direction du maître. Mais si rien ne lui est demandé le chien peut se remettre à son activité du moment sans même faire un pas vers le maître.

Un autre mauvais réflexe est de rattacher systématiquement son chien après l’avoir rappelé. Le chien peut alors faire une association entre le retour au maître et la fin du moment de liberté. Cela peut le conduire à ne plus revenir, ou à rester à distance sans se laisser toucher. Pour éviter cela, le maître peut rappeler son chien, le féliciter et le renvoyer jouer, petit exercice facilement réalisable à la maison ou en promenade. Et lorsqu’est venu le moment de rattacher son chien, il ne faut pas oublier de le féliciter, puis de le saisir gentiment au collier et de le rattacher.

Enfin, pour tous les propriétaires de chiots, la maladresse souvent commise est de ne pas travailler sur le rappel. Un chiot va avoir tendance à suivre naturellement son maître. Mais si le rappel n’est pas travaillé, alors à l’adolescence le chien va s’éloigner et ne reviendra pas aussi facilement. L’idéal est donc de profiter de cette période où le chiot est collé au maître pour mettre en place cet apprentissage du rappel qui se révèlera très utile à l’adolescence.

 

Un apprentissage par étape

 

Pour que le rappel fonctionne en toutes occasions, les lieux de pratique doivent être variés. L’exercice peut être commencé dans la maison, puis continué dans le jardin, puis à l’extérieur en promenade, dans un environnement sécurisé. Si le maître est réticent à lâcher son chien alors que le rappel n’est pas maîtrisé, l’utilisation de la longe peut être une bonne alternative.

La difficulté peut également être augmentée en variant les exercices. Il est possible d’ajouter de la distraction dans l’environnement du chien, en commençant par exemple par une personne accroupie puis de continuer progressivement jusqu’à rappeler le chien quand il est entouré de ses congénères. Evidemment, le rythme d’apprentissage du chien doit être respecté pour ne pas le mettre en échec. Il est également possible de travailler le rappel sans dire un mot mais se concentrer sur la gestuelle (et le maître réalisera alors que la communication non verbale est très bien analysée par son chien).

Dans tous les cas, la récompense est une des clés du succès de cet apprentissage. Au commencement de chaque type d’exercice, l’utilisation d’une friandise appétente doit être systématique, car elle est une contrepartie motivante pour que le chien revienne à son maître. Ce n’est qu’une fois que l’exercice est parfaitement maîtrisé que la distribution peut s’espacer. Cependant, une récompense doit être donnée au chien, à minima une félicitation vocale. Après tout, un chien qui arrête son activité pour retourner à son maître sur demande est un acte merveilleux reflétant la confiance mutuelle et le plaisir partagé. Et cela mérite d’être accueilli dans la joie !

 

Article paru dans l’e-magazine Vox Animae Le Mag’ n°1.

 

Photo : Fidjy au rappel  © Amandine Rolet

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